Pieta

Pieta
- Pieta
La ‘Pietà’ a été conçue pendant les années sombres de l’Europe : les deux guerres et une révolution rendaient leur dernier souffle en méprisant les peuples. Ces peuples, quoi qu’épuisés, n’avaient que des rêves pleins d’espoir qui n’étaient pas des leurres de bonheur mais une nostalgie de liberté que l’on savait exister quelque part. Peut-être la liberté est-elle précisément cette possibilité de croire et d’espérer en l’avenir, de se dire que les grands principes platoniciens existent et sont toujours vrais pour nous, que nous sommes capables de résister, même si ‘la machine s’emballe’. Jamais aucun tableau ne m’avait coûté autant. Cet effort m’a permis de comprendre le goût du dépassement et m’a laissé le sentiment jubilatoire de la gratuité totale de ces moments, sans aucun espoir ni attente d’un quelconque témoignage. Juste un accomplissement personnel. Depuis, c’est devenu le principe même de ma démarche. Aujourd’hui, une amie m’accompagnant dans la visite de cette exposition dans la Cathédrale, m’a surpris par la remarque que ce tableau dégageait ‘un sentiment d’optimisme’. Peut-être que l’optimisme consiste-t-il en la charge des émotions que l’on projette. Ce tableau a été peint avec tout mon cœur, tout mon être, tout mon espoir et toute ma capacité de compassion… Tout mon désespoir aussi…