Jesus is laid in the Tomb (Experts)

Jesus is laid in the Tomb (Experts)
- Jesus is laid in the Tomb (Experts)
Cette composition libre est bâtie autour d’une copie du tableau le plus dérangeant de Holbein le Jeune : «Le Christ au Tombeau », peint en 1521-1522. Sa destination reste toujours énigmatique. Ce corps altéré a profondément bouleversé l’écrivain Dostoïevski qui affirme dans l’Idiot «qu’un tel tableau pouvait faire perdre la foi». Depuis, nous nous protégeons des images trop crues, trop violentes, trop réalistes et nous cherchons la foi, nous les enfants d’un siècle de non croyance. Et Holbein, en ce XVIe siècle, époque des grands bouleversements dogmatiques, était-il choqué, découvrant ce corps d’un jeune juif à la morgue de Bâle ? Etait-il bouleversé et ému ? Triste ou effrayé ? Il lui a consacré du temps, beaucoup de temps ; il l’a peint d’une manière divine, et remanié l’année suivante, ce qui prouve qu’il attachait une grande attention à cette œuvre. Il n’y a pas eu l’intention de provoquer. Ce tableau est peint avec sincérité, volonté de témoigner d’un drame, de traduire la gravité du moment. L’image conçue, composée, stylisée par le peintre n’est pas vouée à choquer ; les formes constituent un langage, les parties du corps donnent le rythme à la composition générale, traduisent des émotions, racontent un cheminement intérieur. C’est fort et non brutal. C’est captivant et non joli. C’est bouleversant et non violent. Les personnages tout autour appartiennent à notre monde, avec leur soif de certitudes, de vérité, de compréhension et d’exactitudes. Peuvent-ils s’aventurer au-delà de la mort ? Au-delà du mystère de la création ? « Dieu m’envoie parfois des moments de grand apaisement. Dans ces moments, j’aime les autres et je constate que les autres m’aiment aussi. Au cours de ces moments je me suis façonné un symbole de croyance, à l’intérieur duquel tout est pour moi clair et sacré. Ce symbole est très simple, le voici : croire que n’existe rien de plus beau, profond, sympathique, savant, courageux et parfait que le Christ et, avec ferveur, se dire que, non seulement il n’existe pas, mais qu’il ne peut exister. Et plus que cela, si quelqu’un me prouvait que le Christ est en dehors de la vérité, que la vérité est en dehors du Christ, je préfèrerais rester avec le Christ et non avec la vérité. (Dostoïevski. Extrait d’une lettre à Natalia Fonwizina 1854)